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L'avenir forgé à l'encre de l'henné

Enfant; enfance; henné; Majunga; optimisme

Tous les jours, il parcourt des kilomètres, mais dans la même ville. Du matin au soir, il arpente les rues de la ville des fleurs, à la recherche d'un vacancier, d'un  touriste, ou même d'un (e) Majungais (e) qui veut bien se faire décorer. Lui, c'est le petit Fredo, à qui je n'ai pas su résister... 

Alors que nous patientons dans le car sous un soleil de plomb, à attendre l'heure de notre prochain rendez-vous, un jeune garçons s'approche de nous et nous propose ses services: nous dessiner des motifs avec de l'henné. Dans un premier temps dubitative, ce petit garçon, du haut de ses 11 ans se montre téméraire et très persuasif. "Promis, vous n'aurez pas à me payer, si le dessin que je vous fait ne vous satisfait pas". Et il nous présente une feuille plastifiée, avec plusieurs dessins de tatouages et de dessins, qui franchement me font douter quant à leur "réussite" sur ma peau. Mais à force de conviction, je fini par succomber, et me laisse tenter par un dessin que j'ai toujours voulu me tatouer : un dream catcher sur la nuque. 

 

Très enthousiastes, nous l'embarquons donc dans la voiture, et le proposons de nous suivre jusqu'à notre rendez-vous, car entre temps, mes compagnons ont également décidé de suivre mon délire. Son corné d'henné à la main, il commence à griffonner dans mon dos,  tout en se confiant. Au fil des questions, ces réponses ne cessent de m'étonner et de me toucher.

Frédo, c'est un petit guerrier qui a décidé de se battre et de ne pas se laisser faire, face à la concurrence qu'il rencontre dans son business. Il a commencé cette activité quand il avait 8 ans. Sur les bancs d'école tous les matins comme ses petits camarades, il s'adonne à son activité tous les après midi pour se faire un peu d’argent. Et en période de vacance, il en profite pour doubler ses gains. "Maintenant, je me contente du centre ville de Majunga, même si les clients sont moins nombreux. Avant, je faisais mon business à la petite plage, mais les gens là-bas m'ont cherché la petite bête et m'ont menacé. Selon eux, c'est leur terrain gardé et ils ne veulent pas que j'y aille. Une fois, ils ont même fait appel aux forces de l'ordre pour m'expulser, m'accusant de leur voler leurs clients. Depuis je n'y suis plus allé". 

Malgré son histoire, Fredo est tout sourire et ne baisse pas les bras. Il est très optimiste et songe à un avenir meilleur. Aujourd'hui, il aide comme il peut ses parents, facturant ses prestations entre 1.500 Ar et 7.000 Ar, selon la complexité du dessin, et il rapporte environ 30.000 Ar à 40.000 Ar par jour. 

Un jour, oui un jour, il espère se sortir de cette situation précaire, et son rêve... Plus tard, devenir enseignant. Pour l'heure, il vient de m'enseigner une chose: il y a toujours d'autres qui vivent des situations plus dures que soi. La différence réside dans la manière de les aborder, et la façon de les surpasser. 
Je lui dédie le dessin qu'il m'a fait. Un attrape-rêve, oui, rêve mon petit gars, un jour tu y arriveras ;) 

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